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La sale besogne. L’administration pénitentiaire et ses hommes dans les bagnes de Guyane française (1852-1953) est une thèse de doctorat en histoire contemporaine soutenue par Samuel Tracol le 4 juin 2026 à Sorbonne Université, sous la direction de Arnaud-Dominique Houte. [1, 2]

Informations clés sur la thèse

  • Sujet : L'histoire sociale et impériale de l'administration pénitentiaire et de ses fonctionnaires dans les bagnes coloniaux de Guyane française. [1]

  • Période étudiée : De 1852 (début des premiers envois) à 1953 (fermeture définitive et rapatriement des derniers bagnards). [1, 2]

  • Volume humain : Plus de 80 000 condamnés enfermés sur la période, encadrés par des centaines de fonctionnaires (souvent originaires de métropole ou de Corse). [1]

  • Approche : Une démarche prosopographique (étude biographique collective) pour analyser ces corps de métiers, leur rôle dans le système colonial et l'exploitation économique du territoire. [1]

Vous pouvez retrouver les références et consulter la notice sur le portail Theses.fr ou sur le site de L'Association H2C. [1, 2]

 

Résumé : De 1852 à 1953, les établissements pénitentiaires coloniaux de Guyane ont enfermé plus de 80 000 condamnés. Pour assurer leur surveillance, leur administration, le service religieux et sanitaire, ils ont employé des centaines de fonctionnaires. L'approche prosopographique permet de faire une histoire sociale de ces corps et de leur inscription dans la situation coloniale guyanaise. Voie d'accès privilégiée à la fonction publique pour les coloniaux ou les Corses, l'administration pénitentiaire est un rouage important de l'histoire impériale française. Au-delà de la fonction punitive, le bagne a pour objet de mettre en économie un territoire délaissé par les investissements privés. Les forçats prennent le relai des esclaves affranchis en 1848 pour fournir une main-d'œuvre mise à profit pour la construction d'infrastructures, l'agriculture, l'exploitation forestière ou minière. À Kourou, le projet de ferme pénitentiaire bute sur l'incapacité de l'administration et de ses agents à faire coïncider les contraintes carcérales avec les besoins d'une entreprise agricole. Le projet concessionnaire initial, visant à transformer la population pénale en colons libres fait long feu et laisse la place à une institution recentrée sur une mission punitive et disciplinaire, où les surveillants militaires tiennent le premier rôle. Témoins privilégiés de cette sale besogne, les médecins et les prêtres portent un regard volontiers critique sur la colonisation pénitentiaire, tout en participant à leur échelle, au pouvoir disciplinaire exercé sur les condamnés. Du siècle de colonisation pénitentiaire en Guyane se détache une chronologie marquée par la succession d'un projet d'utopie pénale inspiré de l'exemple australien, suivi d'une bureaucratisation croissante de l'institution pénitentiaire, qui constitue durant un demi-siècle une autorité coloniale autonome, avant que la presse et l'opinion ne la condamne définitivement à partir des années 1920, sur le constat d'un triple échec moral, pénal et colonial

 

Auteur / Autrice :  Samuel Tracol
Direction :  Arnaud-Dominique Houte
Type :  Thèse de doctorat
Discipline(s) :  Histoire contemporaine
Date :  Soutenance le 04/06/2026
Etablissement(s) :  Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) :  École doctorale Histoire moderne et contemporaine (Paris ; 1994-....)
Partenaire(s) de recherche :  Laboratoire : Centre d'histoire du XIXe siècle (Paris ; 1958-....)
Jury :  Président / Présidente : Marc Renneville
  Examinateurs / Examinatrices : Clare Anderson, Céline Flory
  Rapporteurs / Rapporteuses : Quentin Deluermoz, Odile Roynette
DOI :  10.70675/c6fe11cfz42b0z454fzbf7dz128dd07d7fb6

 

Samuel Tracol (né le 4 mars 1994 à Tulle) est un historien et chercheur français spécialisé en histoire contemporaine, dont les travaux portent principalement sur l'histoire coloniale, pénale et l'administration des bagnes de Guyane française. [1, 2]
🎓 Formation et Parcours Académique

  • Jeunesse et Titularisation : Né en Corrèze, il réussit le concours de l'agrégation d'histoire en 2017. [1]
  • Doctorat (2026) : Il a soutenu sa thèse de doctorat le 4 juin 2026 à Sorbonne Université sous la direction du professeur Arnaud-Dominique Houte. Intitulée « La sale besogne. L'administration pénitentiaire et ses hommes dans les bagnes de Guyane française (1852-1953) », sa recherche explore l'histoire sociale et le rôle des surveillants et fonctionnaires du système carcéral colonial. [1, 2]
  • Enseignement : Il a été Attaché temporaire d'enseignement et de recherche (ATER), enseignant pendant quatre ans à l'Université de Guyane puis à Sciences Po Aix. Il a également été boursier de la prestigieuse Fondation Dosne-Thiers. [1, 2]
🔬 Recherche et Approche Scientifique
Samuel Tracol se distingue par une approche transdisciplinaire et panamazonienne, croisant l'histoire, l'anthropologie, la littérature et les sciences sociales. Ses thématiques clés incluent : [1, 2]

  • L'étude du personnel pénitentiaire et la construction de l'État d'exception en Guyane.
  • La racialisation du travail forcé et la gestion des condamnés issus de tout l'Empire colonial.
  • Les dynamiques de frontières (notamment le fleuve Oyapock entre la Guyane et le Brésil). [1, 2, 3]
Il est le cofondateur du CoPALC (Colonisation Pénitentiaire en Amérique Latine et aux Caraïbes), un groupe de recherche international réunissant des chercheurs d'Amérique du Sud et d'Europe pour étudier le système carcéral de manière comparée. [1]
📚 Publications Sélectionnées
  • « Un bagne dans les Savanes. Genèse de l'établissement pénitentiaire agricole de Kourou (1856-1865) » (Revue d'histoire du XIXe siècle, 2023).
  • « Coloniser et punir : figures du travail forcé en Guyane Française (années 1840-1953) » (L'Harmattan, 2021).
  • « Au "temps béni" du bagne de Cayenne » (Article dans Le Monde diplomatique, juillet 2025). [1, 2, 3]
Tag(s) : #Bagnes coloniaux
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