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À l'historienne et archiviste-paléographe Odile Krakovitch (née en 1940), la recherche historique doit des avancées majeures sur deux axes majeurs du XIXe siècle français : l'histoire de la censure théâtrale et l'histoire des femmes marginalisées ou bagnardes. [1, 2]
En tant que conservatrice générale honoraire aux Archives nationales, elle a magistralement croisé la rigueur des inventaires d'archives avec une démarche d'historienne engagée. [1, 2]
1. Le dévoilement de l'histoire des "Femmes bagnardes"
C'est sans doute son apport le plus mémorable auprès du grand public et des historiens du genre. [1, 2]
Sortir les oubliées du silence : Dans son ouvrage de référence Les Femmes bagnardes (1990), elle exhume des archives d'Aix-en-Provence et de Paris les trajectoires de vie de milliers de femmes condamnées à la transportation en Guyane et en Nouvelle-Calédonie. [1, 2]
Une critique des "pères républicains" : Elle y dénonce avec force l'hypocrisie du Second Empire et de la Troisième République, qui envoyaient ces condamnées (souvent de petites délinquantes, mères célibataires ou complices) pour servir de "bétail reproducteur" et de "victimes consentantes" afin de coloniser les terres lointaines comme la Nouvelle-Calédonie. [1, 2]
L'histoire des femmes : Elle a également été pionnière dans le recensement méthodologique des sources, notamment avec son travail sur Le Silence des archives : les sources de l'histoire des femmes dans les fonds anciens (1982). [1]
2. Une somme magistrale sur la Censure Théâtrale au XIXe siècle
Spécialiste incontournable de l'histoire culturelle et des répressions, elle a cartographié les mécanismes de la censure d'État de la Révolution jusqu'à la Belle Époque. [1]
Hugo censuré : Dans Hugo censuré. La liberté du théâtre au XIXe siècle (1985), elle montre comment Victor Hugo a été la cible privilégiée mais hautement politique d'un système répressif qui a traversé tous les régimes. [1, 2]
Édition des sources : On lui doit de monumentaux inventaires de la censure théâtrale à Paris sous la Monarchie de Juillet et la Deuxième République (notamment publiés chez Classiques Garnier). Elle y a édité et analysé des centaines de procès-verbaux de censeurs, offrant un outil de travail inestimable aux chercheurs en dramaturgie. [1, 2]
3. L'ouverture et le classement des archives coloniales et du XIXe siècle
En dehors de ses propres livres, sa carrière aux Archives nationales a grandement facilité le travail de générations de chercheurs : [1]
Elle a dirigé des sections clés (des fonds coloniaux anciens à la section du XIXe siècle).
On lui doit d'innombrables répertoires, des études sur Les imprimeurs parisiens sous Napoléon Ier ainsi que le traitement méthodique des impressions de la Convention nationale. [1, 2, 3]
Bibliographie sélective à retenir :
Maria Deraismes, ce que veulent les femmes (1980)
Hugo censuré. La liberté du théâtre au XIXe siècle (1985)
"Le carnet de recherche de Criminocorpus a été créé en 2008 sur la plateforme Hypotheses avec l'objectif de couvrir l'actualité de la recherche en histoire de la justice. Il s'est progressivem...