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Biographie :

Naissance : Né le 13 janvier 1854 à Fort-de-France, en Martinique.

  • Décès : Mort le 25 mai 1934 à Paris.

  • Profession : Médecin militaire et médecin de marine. [1, 2]

Rôles et actions

  • École du Pharo : Il a fondé et dirigé pour la première fois cette école située à Marseille pour former les médecins coloniaux.

  • Indochine : Il a dirigé le service de santé de l'Indochine et a lutté contre de grandes épidémies. [1, 2]

Hommage : Hôpital : L'Hôpital Albert Clarac, rattaché au CHU de Martinique à Fort-de-France, porte son nom. [1, 2]

Au début de sa carrière, le docteur Albert Clarac a exercé directement au sein du bagne colonial de Guyane, une expérience marquante qui a nourri ses réflexions sur l'hygiène et la santé en milieu tropical. [1, 2]

Son affectation en Guyane (1881–1884)

Fraîchement diplômé, Albert Clarac est envoyé en Guyane française où il séjourne pendant trois ans. Son parcours au sein de l'administration pénitentiaire se déroule en plusieurs étapes : [1]

  • Il débute d'abord à Cayenne.

  • Il est ensuite affecté au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, le point d'entrée et le centre névralgique du système carcéral colonial.

  • Il termine sa mission aux îles du Salut, un sous-ensemble réputé pour la sévérité de ses conditions de détention. [1]

Un témoignage historique rare

À l'époque, les conditions sanitaires dans les pénitenciers coloniaux étaient désastreuses, marquées par une mortalité extrêmement élevée due aux épidémies (dysenterie, paludisme, fièvre jaune) et à la malnutrition. [1, 2]

Albert Clarac fait partie du cercle très restreint de médecins militaires — aux côtés de figures comme Louis Rousseau ou Léon Collin — à avoir laissé des écrits et des rapports précis sur la réalité médicale des bagnes. Ces écrits scientifiques et observations de terrain ont constitué des sources d'information précieuses pour comprendre l'impact de la colonisation pénitentiaire sur la santé des détenus et ont guidé ses futurs travaux de lutte contre les grandes épidémies. [1, 2]

 

Docteur Albert Clarac (1854-1934) 


"Figure importante et méconnue en Martinique bien qu’un hôpital porte son nom, ce Créole blanc, dont le grand-père, né dans les Basses-Pyrénées, était parti chercher fortune aux colonies, nait à Fortde-France le 13 janvier 1854. Il est le fils d’un commis à la direction de l’Intérieur, et de Virginie Jaham Desrivaux, famille béké de la Martinique. Il a laissé des mémoires 6 qui constituent un témoignage de premier ordre non seulement sur la carrière d’un médecin colonial gravissant différentes étapes jusqu’à l’inspection du service de santé, mais plus largement sur sa conception de l’action sanitaire. Après des études secondaires entamées à la Martinique, il passe son bac lettres en 1873 à Bordeaux, puis sciences en 1874 à Brest où il intègre l’École de service de santé de la Marine 7. Il est promu aide-médecin le 20 novembre 1875 et embarque en novembre 1876 accompagnant les forçats à destination de la Nouvelle-Calédonie. À son retour, il signe un engagement de dix ans dans la Marine. Il est nommé médecin de deuxième classe le 2 novembre 1878 et est muté à sa demande à la Martinique. Pendant ce premier séjour, jusqu’en février 1881,affecté à l’hôpital de Fort-de-France, il est secrétaire du conseil de santé et se distingue pendant une épidémie de fièvre typhoïde. De retour en France, il obtient son diplôme de docteur après avoir soutenu sa thèse « Essai sur l’étiologie et la pathogénie de l’éléphantiasis des Arabes. État actuel de la question ». Sur sa demande, il est affecté à Cayenne en janvier 1882. Chef de service de l’hôpital, il est muté à Saint-Laurent du Maroni puis aux Îles du Salut pour y diriger le service de santé du bagne. Il signale que « pour avoir beaucoup étudié les maladies des yeux », il a soulagé plusieurs détenus atteints de cataracte 8. Le médecin colonial, nécessairement polyvalent, est sollicité pour des domaines d’expertise variés. De retour en France en avril 1884, il prépare le professorat des écoles de médecine navale, et retourne en mars 1885 en Martinique où il est affecté comme chef du service de santé à Saint Pierre. Ses notes toujours très élogieuses dessinent le profil attendu d’un médecin colonial : « serviteur dont on ne peut dire que le plus grand bien, médecin distingué, savant, travailleur infatigable, toujours à la hauteur de la science ; fait son service avec zèle et dévouement ; bon pour ses malades dont il sait se faire aimer ; il honore par ses capacités et sa manière de servir la médecine maritime. » 9 Il y pratique aussi de la médecine privée : « Je jouissais d’une indépendance relative, et de plus, je pus ramasser une petite fortune en faisant une clientèle qui n’eut pas été possible au chef-lieu » 10. Avec le jeune docteur Marry, de retour dans son île natale, il se met aussi à la disposition du petit Asile de Bethléem, transformé en clinique gratuite dont il reprend la direction lors de son troisième séjour martiniquais (1890-94). Il y pratique la première ovariotomie de la Martinique. Avec le début de l’organisation du corps de santé des colonies en 1890, il est affecté comme médecin principal dans le service nouvellement créé de santé militaire des colonies 11. Après plusieurs postes en Guyane 12, à Madagascar, au Sénégal, de retour en France, il est désigné en 1905 pour organiser puis diriger l’École d’application du service de santé des troupes coloniales à Marseille, où « les résultats obtenus sont admirables : ils sont particulièrement son œuvre ». Là encore les rapports à son égard sont très élogieux soulignant l’étendue de ses compétences. Il est nommé inspecteur le 20 mars 1911, puis désigné en décembre pour être directeur du service de santé de l’Indochine à la demande du gouverneur général Albert Sarraut, venu visiter l’École d’application du Pharo en mai 1911. En mai 1914, il quitte l’Indochine pour

faire partie du Conseil supérieur de santé de l’Armée. Avec la guerre, il est nommé directeur du service de santé de la XVIIIe région militaire et promu commandeur de la Légion d’honneur le 13 juillet 1915. Clarac, relevé de ses fonctions à la fin de la guerre, témoigne d’une forme d’amertume ou d’incompréhension face aux nouvelles conditions d’exercice. Il meurt le 25 mai 1934 à Paris. La carrière exceptionnelle du docteur Clarac est intéressante à plus d’un titre. Il est situé à la charnière de deux temps de la médecine, il évoque ainsi dans ses mémoires le docteur Arnaud, officier de santé à Saint-Pierre, « plus riche d’expérience que de science », mais qui jouissait de la confiance d’une nombreuse clientèle appartenant à toutes les classes de la société 13. Il témoigne aussi du passage de la tutelle, navale à coloniale, et illustre l’engagement attendu d’un médecin militaire, passant d’un poste à un autre dans l’Empire ¢ les deux ans de rigueur étant parfois aménageables ¢ polyvalent et développant différentes compétences voire spécialités médicales, luttant contre les épidémies, y compris par les publications scientifiques. Celles-ci, principalement dans les Archives de médecine navale (qui deviennent après 1891 les Archives de médecine navale et coloniale), ainsi que dans les Annales d’hygiène coloniale, montrent la diversité des objets étudiés, toujours en rapport avec ses fonctions, postes et préoccupations (fièvre jaune, paludisme, peste, tuberculose). Il coordonne également, avec Charles Grall, les huit volumes d’un Traité de pathologie exotique clinique et thérapeutique 14. Ces différentes collaborations soulignent également que le monde de la médecine coloniale est une petite famille où les réseaux de relations et de connaissances sont particulièrement importants" Sources : Prise en charge des corps. Profil du médecin colonial à partir de quelques itinéraires (Antilles, fin XIXe siècle – années 1960) Jacques Dumont Dans Outre-Mers 2018/1 N° 398-399 , pages 63 à 88 Éditions Société Française d'Histoire des Outre-Mers (S.F.H.O.M)

Tag(s) : #Bagnes coloniaux
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