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Contrairement à d'autres villes de Touraine (comme Tours et sa célèbre prison cellulaire de 1843), la ville de Langeais n’a jamais abrité de grand centre pénitentiaire, de maison centrale ou de prison départementale pérenne.
Cependant, le passé de la commune croise l'histoire de l'enfermement et de la détention à travers deux épisodes majeurs : le transit de prisonniers politiques sous la Révolution, et surtout le drame historique du « Train de Langeais » en août 1944.
1. Le passage des prisonniers vendéens et nantais (1793)
Sous la Révolution française, Langeais se trouve sur l'axe de transfert des prisonniers capturés lors de la guerre de Vendée ou des purges politiques menées en Bretagne et en Loire-Inférieure vers les prisons de Tours, d'Orléans ou de Paris.
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Les archives locales mentionnent que le 26 décembre 1793 (6 nivôse an II), un groupe important de prisonniers nantais transférés de force passe la nuit à Langeais. [1]
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Faute de geôle municipale ou de structures adaptées, ils sont alors entassés provisoirement « dans une maison particulière proche du château » transformée en lieu de sûreté d'étape, illustrant la gestion logistique précaire de la détention sous la Terreur. [1]
2. Le drame du « Train de Langeais » (Août 1944)
L'événement carcéral et pénitentiaire le plus marquant de la ville se déroule hors les murs, sur ses voies ferrées, lors de la Seconde Guerre mondiale. Le nom de la commune reste historiquement indissociable du Train de Langeais, l'un des tout derniers convois de déportation partis de Bretagne. [1, 2]
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Le convoi : Évacué de Rennes le 3 août 1944 face à l'avancée des troupes américaines, ce train transporte plus de 1 500 prisonniers. On y trouve des résistants, des prisonniers politiques, mais aussi des soldats alliés (américains et britanniques) capturés. [1, 2]
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Le blocage : Le dimanche 6 août 1944, le train se retrouve totalement bloqué en gare de Langeais. Le pont de Cinq-Mars-la-Pile, qui permettait de franchir la Loire pour continuer vers Tours, a été détruit par des bombardements. [1]
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Le mitraillage : Immobilisé et camouflé par l'armée allemande, le convoi est pris pour un train militaire par l'aviation alliée (des chasseurs P-38 et Spitfire). Le mitraillage est terrible et fait 19 morts et une soixantaine de blessés parmi les détenus. [1, 2]
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L'élan de solidarité et les évasions : Profitant de la confusion extrême du mitraillage et de la nuit, plus de 300 prisonniers parviennent à s'évader des wagons. La population de Langeais, le personnel médical local et la Croix-Rouge bravent les forces allemandes pour cacher les évadés dans les caves de la ville, les soigner et leur fournir de faux papiers avant de les orienter vers les maquis locaux. [1]
Aujourd'hui, un wagon de marchandises d'époque, classé monument historique, est installé en gare de Langeais pour servir de mémorial permanent à ce convoi pénitentiaire tragique. [1]
Voici les références bibliographiques et les études historiques majeures abordant ces deux épisodes d'enfermement et de transit à Langeais :
1. Sur le Train de Langeais (Août 1944)
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Le drame de ce convoi de déportation — mêlant prisonniers politiques, résistants bretons et soldats alliés — a fait l'objet de plusieurs travaux récents très documentés.
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Le convoi de Langeais par Jacques Royer (Éditions l'Issat, 2026).
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L'apport : Cet ouvrage récent retrace pas à pas l'itinéraire tragique et chaotique du train depuis la prison Jacques-Cartier de Rennes jusqu'à Belfort. Il s'appuie sur une collecte minutieuse de mémoires familiales et de témoignages directs (notamment celui d'Antoinette Baudu, l'une des dernières rescapées). Il met en lumière l'action héroïque du cheminot alsacien "Malgré-nous" Charles Schlagdenhaufen. [1, 2]
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Mélanie a dit oui : Guerre, Résistance en Haute-Bretagne, aventures humaines, témoignages et révélations par Jean-Claude Bourgeon (2021).
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L'apport : Un livre dense qui explore les réseaux de résistance de Haute-Bretagne. Il consacre des chapitres capitaux à l'histoire du Train de Langeais, au sort des aviateurs alliés présents à bord, et à la libération fortuite de 241 prisonniers à Belfort grâce à la falsification des dossiers administratifs allemands. [1, 2]
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Les ressources documentaires numériques de référence :
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L'étude monographique en ligne Le mitraillage du convoi à Langeais hébergée sur le site spécialisé Mémoire de Guerre. Ce dossier détaille minute par minute le blocage du train en gare, l'attaque aérienne du 6 août, le bilan des pertes et la liste nominative des évadés pris en charge par les habitants. [1, 2, 3, 4]
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2. Sur le passage des prisonniers politiques sous la Révolution (1793)
L'épisode du transfert forcé des notables et suspects nantais à travers la Touraine sous la Terreur est un événement précis répertorié par les sociétés archéologiques régionales.
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« Passage de prisonniers nantais à La Chapelle-sur-Loire et à Langeais (décembre 1793) » par H. Boucher, publié dans le Bulletin de la Société des Amis du Vieux Chinon (Tome IV, n°6, 1941, pp. 297-301).
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L'apport : C'est l'article historique fondateur sur le sujet. Basé sur les registres de délibérations municipales, il décrit la panique logistique des municipalités d'étape le long de la Loire face à l'arrivée soudaine de centaines de prisonniers politiques arrêtés à la suite des purges du comité révolutionnaire de Nantes. [1, 2]
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Souvenirs de la révolution dans le département d'Indre-et-Loire (de 1790 à 1798) par Jacques-Xavier Carré de Busserolle (Imprimerie Ladevèze, 1864).
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L'apport : Un ouvrage classique d'histoire locale qui compile les chroniques, les mouvements de troupes et les transferts de détenus (vendéens, chouans et suspects politiques) internés provisoirement dans les communes de Touraine traversées par les grands axes de communication. [1]
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La Révolution au jour le jour en Touraine (1789-1800) par H. Faye (1906), disponible en consultation aux Archives départementales d'Indre-et-Loire.
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L'apport : Cette chronologie administrative s'appuie sur des documents originaux détruits lors des incendies de 1940. Elle restitue la gestion matérielle des "lieux de sûreté" improvisés en Indre-et-Loire pour parer à la saturation des prisons centrales. [1]
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"Le carnet de recherche de Criminocorpus a été créé en 2008 sur la plateforme Hypotheses avec l'objectif de couvrir l'actualité de la recherche en histoire de la justice. Il s'est progressivem...
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