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L'histoire des femmes au sein de la Gendarmerie nationale est marquée par une intégration progressive, passant d’un statut civil purement administratif à une ouverture totale de toutes les spécialités opérationnelles. Aujourd'hui, les femmes représentent environ 21 % à 22 % des effectifs militaires de l'institution. [1, 2]
L'évolution de leur condition s'est articulée autour de plusieurs étapes historiques majeures :
1. Les prémices et la parenthèse civile (Avant 1972)
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1794 (L'exception révolutionnaire) : Marie Charpentier est reconnue comme la première femme gendarme de l'histoire. Admise au dépôt de la 35e division de gendarmerie à Paris pour sa bravoure lors de la Révolution, elle en sera finalement exclue en 1796, l'institution restant strictement masculine. [1, 2]
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1945 – 1970 : Les femmes font leur entrée au sein de la gendarmerie sous statut civil uniquement. Elles occupent alors des fonctions exclusives de soutien, de secrétariat et de gestion administrative. [1, 2]
2. Le tournant des années 1970 : L'accès au statut militaire
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1972 (La loi du 13 juillet) : La loi sur le statut général des militaires ouvre le service national volontaire et l'engagement dans les armées aux femmes. En gendarmerie, elles intègrent le corps de soutien et les « emplois administratifs et d'état-major » (EAEM) sous statut militaire, mais le terrain leur reste interdit. [1, 2, 3]
3. Les années 1980 : L'ouverture du terrain et l'instauration de quotas
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1983 (L'accès aux concours) : Les décrets du 10 février 1983 autorisent officiellement les femmes à présenter les concours de sous-officiers et d'officiers. En mai 1983, la première promotion d'élèves gendarmes féminins intègre l'école de Montluçon pour rejoindre ensuite la gendarmerie départementale (les brigades de terrain). [1, 2, 3]
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Le plafond de verre des quotas : Cette ouverture s'accompagne de restrictions strictes : le recrutement des femmes est alors plafonné à un quota de 5 % des effectifs annuels. [1, 2]
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1987 (Les premières officiers) : Isabelle Guion de Méritens et Joëlle Vachter intègrent l'École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN). [1, 2]
4. 1998 – 2016 : La fin des restrictions et l'accès aux sommets
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1998 (La fin des quotas) : Un décret abroge le quota des 5 %. Dès lors, le recrutement se fait uniquement au mérite, provoquant une hausse rapide de la féminisation des effectifs.
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2013 (La première générale) : Isabelle Guion de Méritens est nommée générale de brigade, devenant la première femme à accéder au rang d'officier général dans l'histoire de la gendarmerie.
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2016 (Le dernier bastion tombe) : La gendarmerie mobile (les escadrons dédiés au maintien de l'ordre public), qui était le tout dernier domaine strictement réservé aux hommes, s'ouvre officiellement aux femmes sous-officiers. [1, 2, 3, 4, 5, 6]
5. La situation actuelle
Désormais, 100 % des postes et des spécialités sont légalement accessibles aux femmes. À grade égal, les rémunérations sont strictement identiques à celles des hommes. Les femmes ont intégré les unités les plus spécialisées (pilotes d'hélicoptère, motocyclistes, haute montagne) ainsi que les unités d'élite à l'instar du GIGN. [1, 2, 3, 4]
Bien que spécialiste de l'histoire pénitentiaire, Philippe Poisson a étendu ses recherches aux autres forces de sécurité intérieure. Il a publié des travaux et des synthèses chronologiques consacrés spécifiquement à l'histoire de la féminisation au sein de la Gendarmerie nationale. [1, 2]
Ses contributions sur ce sujet portent sur deux aspects principaux :
Philippe Poisson a publié une étude intitulée « Évolution chronologique des femmes dans la gendarmerie nationale », couvrant les étapes majeures de cette ouverture réglementaire. Il y documente avec précision les grandes dates de cette transition : [1]
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Le tournant majeur du 10 février 1983, qui autorise l'accès des femmes aux corps des sous-officiers et officiers opérationnels, assorti du quota initial de 5 %. [1, 2]
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L'intégration des premières femmes officiers-élèves en 1987 à l'École des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN), citant nommément les pionnières Isabelle Guion de Méritens et Joëlle Vachter. [1]
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L'abrogation des quotas en 1998, la nomination d'Isabelle Guion de Méritens comme première femme générale de brigade en 2013, jusqu'à la fin du dernier bastion masculin en 2016 avec l'ouverture de la gendarmerie mobile. [1, 2]
2. Le décryptage sociologique et la vulgarisation
Sur son blog [Culture et justice], ainsi que dans d'autres publications partagées avec des associations (comme l'Association d'Aide aux Membres des Familles de Gendarmes), il a publié des analyses intitulées « Quelques repères sur la féminisation de la gendarmerie ». [1]
À travers ces écrits, Philippe Poisson met en lumière le défi que représentait cette transition. Il rappelle que si la présence des femmes est aujourd'hui une réalité tangible (dépassant les 20 % des effectifs civils et militaires), l'institution a dû vaincre de profondes réticences culturelles pour faire évoluer un milieu qui est resté très longtemps exclusivement masculin. [1, 2, 3]
Il s'attache également à relayer des portraits de femmes contemporaines qui incarnent cette autorité au féminin, à l'instar des travaux menés autour de figures comme la colonelle Karine Lejeune. [1, 2]
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